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Introduction aux jeux de hasard et d'argent chez les jeunes

Bien que les problèmes reliés aux jeux de hasard et d'argent aient été principalement associés aux adultes, de récentes recherches ont démontré que cette activité est très populaire chez les enfants et les adolescents. Partout à travers le monde, un pourcentage alarmant d'enfants et d'adolescents joue à des jeux de hasard et d'argent.

Les études réalisées au cours de la dernière décennie démontrent que les jeux de hasard et d'argent représentent un attrait indéniable pour les jeunes et leur popularité est à la hausse autant chez les enfants que chez les adolescents. Toutes les études de prévalence réalisées aux États-Unis, au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Europe et en Australie confirment la hausse du taux de participation des jeunes aux jeux de hasard légaux ou illégaux. Selon les plus récentes évaluations, 80 % des jeunes ont participé à une quelconque forme de jeu de hasard au cours de 12 mois précédents l'enquête, 4 à 8 % des adolescents ont un problème sérieux avec le jeu et 10 à 14 % des jeunes sont susceptibles de développer un problème ou une pathologie (Jacobs, 2000; National Research Council, 1999; Shaffer & Hall, 1996). Malgré tout, la majorité des parents et des adolescents perçoivent le jeu comme un passe-temps inoffensif ayant très peu de conséquences négatives.
Notre groupe se consacre activement à la recherche, au traitement, à la prévention et à la formation, ainsi qu'à la santé publique et aux politiques sociales.

Ce que nous savons

Les raisons pour s'adonner au jeu

Conséquences négatives associées au jeu pathologique chez les jeunes

Quand les adolescents commencent-ils à jouer?

 Ce que nous savons     Haut
Durant les onze dernières années, nous nous sommes intensément consacrés à un programme de recherche visant à nous permettre d'identifier les facteurs de risque et de protection associés aux problèmes de jeu chez les jeunes. Ce programme a aussi pour but d'examiner les antécédents du problème et d'identifier les stratégies efficaces pour la prévention et le traitement des jeunes ayant des problèmes sérieux avec le jeu.

Malgré quelques découvertes contradictoires, il y a consensus sur plusieurs faits :

  • Le jeu est plus populaire chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes
  • Les joueurs pathologiques prennent davantage de risques,
  • Les taux de prévalence chez les adolescents ayant un problème avec le jeu sont 2 à 4 fois plus élevés que ceux des adultes,
  • Les adolescents ayant un problème avec le jeu ou étant des joueurs pathologiques ont une estime de soi plus basse, un taux plus élevé de dépression, vivent des états dissociatifs jouant et présentent un risque accru de développer une dépendance ou une polydépendance,
  • Des recherches sur les traits de personnalité des joueurs pathologiques adolescents révèlent qu'ils sont plus impulsifs, extrovertis, anxieux et qu'ils ont tendance à avoir de la difficulté à se conformer aux normes sociales et à s'auto-discipliner,
  • Les adolescents qui ont un problème sérieux avec le jeu ont plus d'idéations suicidaires et sont plus à risque d'effectuer des tentatives de suicide,
  • Les relations affectives et amicales importantes sont souvent délaissées et remplacées par des relations avec des partenaires de jeu,
  • Les adolescents ayant un problème sérieux avec le jeu ont de la difficulté à gérer les situations difficiles,
  • Les adolescents ayant un problème sérieux avec le jeu déclarent avoir commencé à jouer très jeune (en moyenne, vers l'âge de 10 ans). Plusieurs rapportent avoir remporté gros au tout début,
  • La progression entre le jeu occasionnel et le jeu pathologique est rapide chez les adolescents,
  • Les problèmes de jeu chez les adolescents entraînent une augmentation de la délinquance et des actes criminels, la rupture des liens familiaux et ils affectent négativement les performances scolaires,
 Les raisons pour s'adonner au jeu      Haut
Contrairement à l'opinion populaire, nos recherches et notre travail clinique indiquent que l'argent n'est pas la motivation principale des jeunes qui participent excessivement à des jeux de hasard et d'argent. Il apparaît plutôt que l'argent est employé pour permettre aux jeunes de continuer à jouer. Les adolescents qui jouent sur les appareils de loterie vidéo, qui misent sur les sports ou les jeux de cartes ou qui parient de l'argent de toute autre manière, manifestent un certain nombre d'états dissociatifs, tels que l'évasion dans un autre monde, souvent accompagnée d'une personnalité altérée. Les adolescents qui ont un problème sérieux avec le jeu affirment que lorsqu'ils jouent, tout perd de son importance et tous leurs problèmes disparaissent. D'après un adolescent ayant un problème avec le jeu, s'il arrive à jouer toute la journée avec 20$, c'était une bonne journée et ce, même s'il a perdu son argent. S'il joue seulement 10 minutes avec ce 20$, il s'agit d'une mauvaise journée. Les trois raisons principales qui poussent les adolescents à jouer sont l'excitation, le divertissement et les gains d'argent. D'autres y participent sous la pression des pairs, pour se désennuyer ou pour masquer une dépression.
 Conséquences négatives associées au jeu pathologique chez les jeunes      Haut
Il a été démontré que le jeu pathologique entraîne une augmentation de la délinquance et des actes criminels, un comportement antisocial, la rupture des relations affectives avec la famille et qu'il affecte négativement les performances scolaires et les activités reliées au travail. Les signes d'une dépendance au jeu chez les adolescents ne sont pas aussi perceptibles ou explicites que chez les adultes, mais ils présentent tout de même des caractéristiques semblables. Les adolescents préoccupés par le jeu sacrifient leurs études, leur travail, leurs relations amicales et familiales dans le but de se consacrer pleinement au jeu.
 Quand les adolescents commencent-ils à jouer?      Haut
Le jeu est désormais une activité dite normale pour plusieurs cultures. Il n'est pas inhabituel que les parents achètent des billets de loterie aux enfants ou leur permettent de jouer au bingo. Certaines études ont révélées que les adultes aux prises avec des problèmes de jeu ont été initiés à un jeune âge, habituellement entre 10 et 19 ans. Une étude à grande échelle réalisée en Alberta démontre que la majorité des joueurs pathologiques ont commencé à jouer vers l'âge de 10 ans. De semblables résultats ont été obtenus lors d'études sur les élèves du secondaire et sur les jeunes adultes au Canada et ailleurs dans le monde.
 
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